Le Débarquement : l’histoire mondiale devant la porte
La maison de vacances se trouve au cœur d’une ancienne zone de combat. Sur les traces du château de Bernaville, de Hill 30 et du mur du souvenir.
Le Débarquement, l’arrivée des Alliés en Normandie en juin 1944, reste l’un des événements marquants de votre région de vacances. Pas seulement parce que de nombreuses commémorations et le D-Day Festival ont lieu autour du 6 juin : les passionnés d’histoire viennent en Basse-Normandie toute l’année.
Certains sont des jeunes qui ne peuvent plus demander à la génération de la guerre comment cela s’est passé. D’autres cherchent encore à savoir ce que sont devenus des proches disparus. Beaucoup de morts n’ont été retrouvés que des années plus tard et n’ont pu être identifiés. Les innombrables pierres tombales portant la mention « soldat inconnu » rappellent que des familles vivent aujourd’hui encore avec cette incertitude – du côté allemand comme du côté allié.
Le Débarquement autour de Picauville
Ferienhaus Kranich se situe au cœur de ce qui fut alors une zone de combat. La 91e division allemande d’infanterie aéroportée avait installé son état-major au château de Bernaville. Dans la nuit du 6 juin, le général Falley se rendait à Rennes avec le commandant Bartuzat. En apercevant la masse d’avions qui emplissait le ciel normand, ils firent aussitôt demi-tour. Près du moulin voisin du château, ils tombèrent sur le parachutiste Malcolm D. Brannen et son groupe ; les deux officiers allemands furent tués au combat.
Tous les hommes du 2e bataillon du 508e régiment de la 82e division aéroportée américaine ne purent sauter cette nuit-là. Seules des troupes dispersées atterrirent dans les marais entre Chef-du-Pont et La Fière. Le lieutenant-colonel Shanley rassembla environ 300 hommes sur une hauteur près du hameau de Caponnet. Encerclés sur Hill 30, les parachutistes durent résister trois jours pour tenir la tête de pont sur le Merderet – sans vivres, ni eau, ni munitions suffisantes. Ce n’est que le 10 juin que le 358e régiment de la 90e division d’infanterie américaine atteignit Picauville.

Le Débarquement à Appeville
Les événements furent moins dramatiques à Appeville. Dans la nuit du 5 au 6 juin, plusieurs parachutistes de la 101e aéroportée y atterrirent. Largués du mauvais côté de la Douve, ils durent se regrouper. À travers les marais inondés, cela n’était possible qu’en barque ; les habitants organisèrent des passages. Lors du transport de deux blessés, une patrouille allemande ouvrit le feu.
Lieux de mémoire
À Port Filiolet, un peu au nord des maisons de vacances, Lucien Hasley s’est penché avec insistance sur ces événements. Âgé de dix ans à l’époque, il a vécu l’occupation et la libération et a gravé ses souvenirs en bas-relief dans le mur de sa maison. Le mur du souvenir montre des parachutistes et des avions en chute ; les noms des victimes sont gravés dans la pierre.

Nous recommandons également une visite au cimetière militaire allemand d’Orglandes. 10 152 soldats allemands y reposent, parmi lesquels le général Falley et le commandant Bartuzat. Le cimetière se trouve à quelques minutes de Picauville en direction de Saint-Sauveur-le-Vicomte et est bien indiqué. Tout aussi impressionnants : les cimetières près d’Omaha Beach – l’américain à Colleville et l’allemand à La Cambe.
Musées et sites à visiter
- Airborne Museum, Sainte-Mère-Église – l’un des plus grands musées de la région. De mai à août tous les jours de 9 h à 19 h, en avril et septembre de 9 h 30 à 18 h 30, d’octobre à mars de 10 h à 18 h. Fermé en décembre et janvier (sauf pendant les vacances d’hiver françaises).
- Batterie de Crisbecq – ancienne fortification allemande. D’avril à juin et de septembre à novembre de 10 h à 18 h, en juillet et août de 10 h à 19 h. Les chiens sont admis.
- Normandy Victory Museum, Carentan – une exposition richement mise en scène sur la bataille du bocage.
- Sainte-Marie-du-Mont – le premier village libéré par les troupes américaines, avec son imposante église.
- Utah Beach – plage du Débarquement avec musée et mémoriaux.
Une promenade dans Sainte-Mère-Église en vaut de toute façon la peine : nulle part ailleurs vous ne trouverez autant de livres et de souvenirs sur le Débarquement. Un mannequin est toujours suspendu au clocher – en mémoire du parachutiste John Marvin Steele, qui eut la malchance d’y rester accroché.
Le D-Day Festival se tient chaque année de fin mai à mi-juin et associe mémoire, transmission de l’histoire et animations. Le programme complet est disponible auprès des offices de tourisme de Sainte-Mère-Église et de Bayeux.
Les chiens ne sont généralement pas admis dans les musées ni dans les cimetières militaires. La batterie de Crisbecq fait exception.
Texte : Barbara Homolka / chiennormandie.de · Photos : Barbara Homolka et Tanja Kranich
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